Mis à jour le 10 octobre 2026
Quand une PME qui fabrique se demande si Odoo tiendra la route à l'atelier, la peur est toujours la même : « il faudra développer ». D'un projet à l'autre, au cadrage, ce sont pourtant les mêmes demandes qui reviennent, qu'on fabrique des cosmétiques, des produits alimentaires, des pièces mécaniques ou des produits d'entretien. Nous les avons regroupées en une grille de 20 demandes. Cet article donne, pour chacune, la réponse d'Odoo 20, puis montre en images les gestes de l'atelier dans une base de démonstration.
En bref : faut-il développer Odoo pour gérer la fabrication d'une PME ?
La réponse courte
Le plus souvent, non : sur les 20 demandes d'atelier les plus courantes, 11 sont couvertes par le paramétrage standard, 3 par une procédure écrite, et aucune ne demande de code. Les 6 autres ne sont pas des manques d'Odoo : 5 sont des choix d'organisation que l'entreprise doit faire, et 1 relève d'un outil d'ordonnancement, à prévoir dans une seconde phase. Le vrai travail est ailleurs : régler correctement les unités, les nomenclatures et les étapes de préparation, puis écrire les gestes de l'atelier.
Les symptômes qu'on retrouve d'un atelier à l'autre
Une PME industrielle qui cherche un ERP n'est pas désorganisée. Elle a souvent grandi plus vite que ses outils, et les mêmes symptômes reviennent :
Le stock bouge au mauvais moment. Les matières sont déduites quand l'ordre de fabrication est créé ou imprimé, pas quand on produit. Une fabrication annulée ou décalée laisse un stock faux.
La production est déclarée après coup. En fin de journée ou de semaine, ce qui a vraiment été consommé dépend de la mémoire de chacun.
Les fabrications ne sont pas reliées aux commandes. Personne ne sait dire, sans chercher, pour quel client un ordre de fabrication a été lancé.
L'inventaire réserve des surprises. Des écarts dans les deux sens, qui ne viennent pas de vols mais de saisies approximatives accumulées.
L'urgence est la norme. Les commandes pressées se glissent dans un planning déjà plein, sans voir ce qu'elles décalent.
Aucun de ces problèmes ne se règle avec du code. Ils se règlent avec un flux propre : la commande crée la fabrication, la fabrication réserve ses composants, la production réelle décrémente le stock, et chaque écart laisse une trace.
Les 20 demandes, et ce qu'Odoo 20 en fait
Voici notre grille de cadrage. L'ordre et la formulation varient d'un atelier à l'autre, le fond reste le même.
| Demande de l'atelier | Réponse dans Odoo 20 | Classement |
|---|---|---|
| Consommer un emballage pour un lot de produits (un étui pour 10, un carton pour 12) | Composants de la nomenclature, avec une unité et une précision bien réglées (voir le piège plus bas) | Standard |
| Relier chaque fabrication à la commande du client | Route « Réapprovisionner sur commande (MTO) » et nomenclature : la commande confirmée crée l'ordre de fabrication, et ceux des semi-finis en dessous | Standard |
| Déclarer la consommation réelle avec le lot utilisé | Consommation déclarée sur l'ordre de fabrication, lot par lot | Standard |
| Suivre les lots et les dates d'expiration des produits finis | Lots générés depuis l'ordre de fabrication, dates calculées à partir de l'article | Standard |
| Changer de ligne quand la ligne prévue est occupée | Postes de travail alternatifs, définis par type de ligne | Standard |
| Compter le temps de réglage et de nettoyage | Temps de configuration et de nettoyage sur chaque poste de travail | Standard |
| Enchaîner les opérations dans le bon ordre | Opérations ordonnées dans la nomenclature (ordre guidé, non bloquant) | Standard |
| Regrouper ou couper des ordres de fabrication | Fusion et fractionnement des ordres de fabrication | Standard |
| Planifier à rebours depuis la date promise au client | Délai de fabrication et jours de préparation sur la nomenclature, date de livraison promise sur la commande | Standard |
| Voir les ordres de fabrication par date limite | Filtre enregistré dans la liste des ordres de fabrication | Standard |
| Identifier les articles au scan dès la réception | Codes-barres fournisseurs, ou codes internes imprimés à la réception | Standard |
| Rendre au stock les composants non utilisés | Transfert interne de retour, fait par l'atelier à la clôture | Procédure |
| Décaler un ordre de fabrication et sa préparation | La date planifiée du bon de préparation se reprend à la main, par une personne désignée | Procédure |
| Garder juste le stock des petits consommables (étiquettes, étuis) | Inventaire tournant planifié de ces articles | Procédure |
| Simuler le planning (« et si on passe cette commande avant ? ») | Ordonnancement fin, à prévoir dans une seconde phase | Phase 2 |
| Bloquer la consommation tant qu'un composant n'est pas scanné | Choisir entre scan systématique et déclaration avec choix du lot | Décision |
| Faire valider la production par l'opérateur ou par le chef d'équipe | Droits et écrans à attribuer selon ce choix | Décision |
| Mesurer la perte de matière | Perte prévue dans la nomenclature, ou écart constaté à la pesée et déclaré | Décision |
| Préparer les composants avant de produire | Une, deux ou trois étapes de fabrication dans l'entrepôt | Décision |
| Libérer un lot seulement après contrôle | Qui contrôle, quand, et ce qui bloque l'expédition : à écrire avant de paramétrer | Décision |
Ce que montre la grille
Une demande qui ressemble à un développement est souvent une décision qui n'a pas été prise. « Bloquer la consommation sans scan », par exemple, se règle très bien par une déclaration avec choix du lot, plus simple pour l'atelier et sans code à maintenir à chaque version d'Odoo.
Les procédures en images
Les copies d'écran qui suivent viennent d'une base de démonstration Odoo 20, avec un produit fictif : un sérum en flacons de 30 ml, vendu par étuis de 10, fabriqué à partir d'une préparation en vrac. Une commande de 1 200 flacons sert de fil rouge.
Procédure 1 : la nomenclature, et le piège des unités
La nomenclature de l'étui de 10 flacons contient 10 flacons, 10 pipettes, 10 étiquettes, un étui, une étiquette d'étui, et la préparation : 300 ml, plus 2 % de perte au remplissage, soit 306 ml. Saisi en litres, cela fait 0,306 L.
Saisie à 0,306 L, la préparation est enregistrée à 0,31 L : la perte passe de 2 % à plus de 3 %.
Odoo arrondit les quantités selon une précision globale, réglée par défaut à deux décimales. Le troisième chiffre est perdu sans message. Sur 1 200 flacons, la fabrication demande 37,2 L de préparation au lieu de 36,72 L. Dans l'autre sens, une quantité comme 0,102 L devient 0,10 L, et la perte disparaît. Dans les deux cas, le stock ment un peu plus à chaque ordre de fabrication.
Exprimez les liquides et les poudres dans une petite unité. En millilitres ou en grammes, 306 ml reste 306 ml.
Ou rapportez la nomenclature à une quantité plus grande. Pour 100 flacons, la préparation devient 3,06 L, sans perte d'arrondi.
Ou augmentez la précision des quantités dans les paramètres techniques, en sachant qu'elle s'applique à tous les articles.
Contrôlez avec une vraie commande. Avant le démarrage, comparez la quantité demandée par l'ordre de fabrication avec votre calcul.
Corrigée en millilitres, la nomenclature garde ses 306 ml. L'ordre de fabrication demande alors 36,72 L.
Le piège à éviter
La perte n'existe pas comme pourcentage dans une nomenclature Odoo : elle se met dans la quantité. Si la quantité est arrondie, la perte est faussée avec elle. C'est l'un des premiers réglages que nous vérifions dans une base qui fabrique.
Procédure 2 : de la commande client aux ordres de fabrication
Sur le produit fini et sur la préparation, la route « Réapprovisionner sur commande (MTO) » est activée. Il suffit de confirmer la commande du client.
La commande confirmée affiche son ordre de fabrication en haut de la fiche, à côté de la livraison.
Odoo crée l'ordre de fabrication des 1 200 flacons, puis celui des 36,72 L de préparation dont il a besoin. Les deux portent la référence de la commande dans leur origine : le lien entre commande et fabrication est fait sans saisie.
Filtrés sur la commande, les deux ordres de fabrication et l'état de leurs composants.
Procédure 3 : voir ce qui manque avant de lancer
Ouvrir l'ordre de fabrication des flacons suffit pour savoir s'il peut partir. Chaque composant a son état, en couleur.
Les étuis et leurs étiquettes manquent : lignes rouges. La préparation, fabriquée par l'ordre de fabrication enfant, est annoncée après la date prévue du conditionnement.
Deux alertes sur un seul écran : un manque d'achat et un problème de date. Sans cet écran, la première se découvre au pied de la ligne, la seconde le jour de l'expédition. Le rapport de réassort, dans l'application Inventaire, transforme le manque en proposition de commande.
Prévision négative : Odoo propose de commander 120 étuis et 40 étiquettes d'étui au fournisseur habituel, en un clic sur « Commander ».
Procédure 4 : préparer les composants pour la ligne
L'entrepôt est réglé en deux étapes : les composants sont d'abord préparés et apportés en zone de production, puis consommés. Odoo crée seul le bon de préparation, rattaché à l'ordre de fabrication.
Le bon de préparation des matières : du stock vers la zone de pré-production, avec la commande d'origine.
C'est ici que se trouve la seule vraie limite de la liste : si l'ordre de fabrication est décalé, la date limite de ce bon suit, mais pas sa date planifiée. La procédure est simple : la personne qui replanifie reprend la date du bon dans la foulée.
Procédure 5 : postes de travail, alternatives et temps de nettoyage
Chaque ligne de conditionnement est un poste de travail. Les demandes « changer de ligne » et « compter le réglage » se règlent sur sa fiche.
La ligne flacons 30 ml n° 1 a pour alternative la ligne n° 2, avec 15 minutes de réglage et 15 minutes de nettoyage.
Une alternative par type de ligne. Une ligne flacons n'a pour alternative qu'une ligne capable de remplir le même flacon.
Une durée réaliste. La durée prévue d'une opération additionne le réglage, le temps par cycle et le nettoyage. Le planning cesse d'être optimiste par construction.
Procédure 6 : déclarer ce qui a vraiment été consommé
À la pesée, l'opérateur a mis 36,10 L de base au lieu des 35,62 L prévus. Il saisit la quantité réelle et clique sur « Produire ».
L'alerte de consommation : Odoo demande de confirmer l'écart, sans bloquer.
« Confirmer » si l'écart est réel : le stock enregistre ce qui a été consommé.
« Update Quantities & Validate » (libellé encore en anglais dans la version française) si la saisie était une erreur : Odoo remet les quantités prévues et valide.
« Ignorer » pour revenir à l'ordre de fabrication et corriger.
Le stock n'est décrémenté qu'à ce moment, à la production réelle. C'est la réponse directe au stock qui bouge au mauvais moment.
Procédure 7 : produire une partie et garder le reste
En fin de journée, 600 flacons sur 1 200 sont faits. L'opérateur indique 600 dans la quantité produite : Odoo recalcule aussitôt chaque composant à la même proportion.
600 flacons déclarés : 18 360 ml de préparation, 60 étuis, 600 flacons, pipettes et étiquettes consommés.
À la validation, Odoo propose de créer un reliquat pour les 600 flacons restants.
« Create Backorder » crée un second ordre de fabrication pour le reste, avec ses composants déjà réservés. La production du jour entre en stock le jour même, avec son lot, au lieu d'attendre une déclaration groupée.
Procédure 8 : retrouver un lot, dans les deux sens
Le lot de produit fini est généré depuis l'ordre de fabrication, avec ses dates d'expiration calculées à partir de l'article. En cas de réclamation, le rapport de traçabilité déroule toute la chaîne.
Du lot de flacons au lot de préparation, puis aux matières : même les 0,48 L de base consommés en plus apparaissent sur une ligne à part.
Le même rapport se lit dans l'autre sens : depuis un lot de matière première, il montre tous les lots de produits finis qui l'ont utilisé, et donc les clients à prévenir.
Ce que nous retenons de nos projets de fabrication
Les unités d'abord. Un liquide en litres avec deux décimales, un emballage pour dix produits : une bonne part des écarts de stock futurs se décide dans ce réglage.
Un développement demandé cache souvent une décision. Bloquer, alerter, masquer : avant d'écrire du code, on demande qui décide et ce qui se passe si on ne bloque pas.
Une procédure écrite vaut mieux qu'un module à maintenir. Trois gestes manuels, connus et attribués, coûtent moins cher que trois développements à reprendre à chaque version d'Odoo.
Un cadrage serré paie. Passer les 20 demandes au crible avec les bonnes personnes, atelier par atelier, évite de découvrir les vrais besoins après le démarrage.
Ce qu'Odoo ne fera pas seul
Simuler un planning entier avec des scénarios (« et si cette commande passait avant ? ») demande un ordonnancement fin. Odoo planifie les opérations sur les postes, mais ce besoin se traite mieux dans une seconde phase, une fois les temps réels connus.
Ce que coûte un projet de fabrication avec Odoo
La licence Odoo Standard coûte 19,90 € HT par utilisateur et par mois la première année, puis 24,90 €, toutes applications comprises, dont Fabrication, Inventaire et Achats. La mise en place par Teoplan démarre dès 4 000 € HT pour une TPE, avec un prix ferme fixé au cadrage. Pour une PME industrielle, comptez de 6 à 20 semaines selon le nombre de flux. Le détail est sur la page prix d'un projet Odoo.
Questions fréquentes
Odoo Fabrication convient-il à une PME ?
Oui. Nomenclatures à plusieurs niveaux, fabrication déclenchée par la commande, postes de travail, lots, dates d'expiration et traçabilité sont dans l'application standard. Sur les 20 demandes d'atelier les plus courantes, aucune ne demande de développement.
Comment gérer une perte de matière dans une nomenclature Odoo ?
En majorant la quantité du composant : 306 ml au lieu de 300 ml pour 2 % de perte. Attention à l'unité : avec deux décimales, 0,306 L devient 0,31 L et la perte est faussée. L'écart réel se déclare ensuite à la production.
Quand Odoo décrémente-t-il le stock en fabrication ?
Les composants sont réservés à la confirmation de l'ordre de fabrication, et le stock est décrémenté quand la production est déclarée, au clic sur « Produire ». Pas à l'impression de l'ordre de fabrication.
Odoo bloque-t-il une surconsommation ?
Non. Il affiche une alerte qui demande de confirmer l'écart, de revenir aux quantités prévues ou de corriger. L'écart confirmé reste visible dans la traçabilité du lot.
Peut-on relier les ordres de fabrication à la commande du client ?
Oui, avec la route « Réapprovisionner sur commande (MTO) » et une nomenclature : la commande confirmée crée l'ordre de fabrication du produit fini, et ceux des semi-finis qui en dépendent, tous rattachés à la commande.
Vous fabriquez et votre stock ne colle plus à la réalité ?
Le plus parlant est de partir d'un de vos produits : sa nomenclature, une vraie commande, un ordre de fabrication. C'est le but du premier échange.
Pour aller plus loin
Odoo Fabrication : nomenclatures, ordres de fabrication et postes de travail.
Odoo Inventaire : lots, réassort et étapes de préparation.
5 défis logistiques résolus par Odoo : le stock au quotidien.
Valorisation de stock : choisir la méthode et calculer la marge réelle.
Le prix d'un projet Odoo : licences, intégration, support, poste par poste.
Un atelier où le stock dit la vérité
Voyez Odoo Fabrication sur l'un de vos produits avant de choisir. Si une demande exige vraiment un développement, je vous le dirai au cadrage, chiffré.
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